Modem Sciences Po

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samedi 6 mars 2010

L'indépendance de la Halde en question

Louis Schweitzer, président de la Halde

En cinq ans d’existence, force est de constater que la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) est en passe de réussir la mission périlleuse qui lui a été confiée : engager une nouvelle étape de la lutte contre les discriminations en usant de nouveaux moyens et de nouvelles méthodes.

En se focalisant sur le concret, en mettant en place un réseau de correspondants locaux, en recueillant près de 30 000 réclamations depuis sa création, en mettant en œuvre de nouvelles méthodes comme le testing, la Halde a montré qu’il était possible de lutter contre les discriminations du quotidien sans forcément en passer par de longs et coûteux procès, même si ceux-ci s’avèrent parfois nécessaires.

Bien plus que cela, la Halde a réussi à s’inscrire dans le paysage médiatique et ses recommandations sont reprises par les tribunaux. Elle n’hésite pas à mettre en cause les décisions du gouvernement lorsqu’elle l’estime nécessaire : lors d’un projet de loi sur l’immigration, fin 2007, qu’elle jugeait discriminatoire, ou plus récemment sur la thématique des gens du voyage, qui a fait l’objet d’un rapport spécial de la Haute autorité en 2009.

C’est sans doute ce qui dérange le pouvoir exécutif. C’est sans doute pour cela que l’Elysée, aujourd’hui, cherche à faire taire la Halde.

Sous couvert d’une fusion purement administrative de la Halde avec la fonction de « défenseur des droits » font la création sera bientôt discutée par le Sénat, c’est bien une volonté de reprise en main de la Halde qui se fait jour. A l’image de ce qui menace les autres autorités administratives indépendantes qui dérangent l’exécutif, comme le CSA ou la CNIL (Commission nationale informatique et liberté).

Face à cette tentation hégémonique de l’« hyperexécutif », selon l’expression du Monde, le Mouvement Démocrate réaffirme son attachement à l’existence d’autorités indépendantes, comme la Halde, qui puissent alerter l’opinion, enquêter, fixer des limites, bref jouer un rôle de contrepouvoir indispensable dans toute démocratie.

Nous demandons donc à ce que l’existence de la Halde soit préservée au cours des années à venir, qu’elle garde son indépendance, et que ses moyens financiers et juridiques soient même renforcés pour accroitre son efficacité. La lutte contre les discriminations est un vrai sujet, il est au cœur de notre pacte républicain. La Halde fait un travail remarquable. Il serait dommage de s’arrêter en si bon chemin.

lundi 22 février 2010

Une vision pour la France

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Une vision pour la France, c'est ce que François Bayrou a défendu hier soir pendant plus d'une heure lors du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro. Autour des thèmes de la réindustrialisation du territoire, de la réforme des retraites, de la dette nationale, François Bayrou s'est montré posé, compétent et à la hauteur des enjeux qui nous font face aujourd'hui.

"Si l'on veut définir une politique nouvelle, ce qui est mon but, il faut qu'elle se fixe comme premier objectif un objectif national de relocalisation. (...) Le pouvoir politique a une mission d'impulsion, de stratégie. Tout n'est pas privé, y compris dans une affaire privée. Le pouvoir a la responsabilité de penser l'avenir d'un certain nombre d'industries dont nous sommes absents".

Il a récusé l'idée d'une spécialisation de l'industrie française uniquement sur les produits de haute technologie, soulignant qu'il n'y avait aucune fatalité concernant le départ des activités industrielles hors du territoire français.

François Bayrou s'est de plus prononcé pour un système de retraite "à la carte" qui donne à chacun une claire visiblité de ses droits à pension, à partir desquels il pourra choisir l'âge de son départ à la retraite. "Le levier principal, peut-être même le seul levier" pour maintenir l'équilibre des systèmes de retraite consiste à ce qu'il y ait "plus de gens au travail par rapport aux gens qui sont à la retraite", a-t-il souligné.

Il a également évoqué les élections régionales, défendant la primauté d'un centre indépendant : "quand on dit Démocrate et Centre, on dit pluralisme et indépendance". François Bayrou reconnaît traverser "une période qui n'est pas la plus facile. (...) Quand j'ai choisi cette voie, en décidant de n'être soumis ni à un bloc, ni à un autre, je savais que ce ne serait pas facile, je n'ai pas le droit de me plaindre".

vendredi 12 février 2010

Il y a quelque chose de pourri en République française...

Une intéressante tribune de ancien premier ministre belge Guy Verhofstadt dans le Monde, en réaction au débat sur l'identité nationale voulu par le gouvernement.

Pour ses voisins, la France a souvent été un modèle d'inspiration et d'admiration, par l'intensité et la portée universelle des débats intellectuels dont elle a le secret. Elle est source d'accablement pour ses amis qui la voient se perdre dans une polémique stérile sur l'identité nationale. L'opportunité politicienne de ce débat, sa conduite hésitante et ses finalités floues donnent en effet l'impression désastreuse que la France a peur d'elle-même. Il y a décidément quelque chose de pourri en République française.

Le séminaire, qui s'est déroulé en catimini le 9 février, témoigne du piège dans lequel s'est enferré le gouvernement. D'abord son opportunité lui échappe : censé contrer le Front national, le débat sur l'identité nationale a au contraire remis les thématiques d'extrême droite au premier plan. Ensuite, sa conduite a fait défaut : faute de consensus politique au sein même de la majorité présidentielle, ces discussions de sous-préfecture et le site dédié sont devenus un défouloir au remugle vichyste. Enfin, quelles sont les finalités de cette affaire ? Apprendre La Marseillaise à l'école ? L'absurde le dispute au grotesque.

Non pas qu'il faille avoir honte de son chant patriotique. Mais plutôt que de se lamenter sur le fait que les jeunes connaissent mieux les paroles d'un chanteur à la mode plutôt que celles de l'hymne national, les Français devraient plutôt être fiers de savoir que La Marseillaise est connue.

Cette crispation sur les symboles nationaux est le symptôme le plus patent du malaise national transpirant à travers ce débat raté. C'est un réflexe de peur incompréhensible quand on connaît le poids et l'influence de la France en Europe et dans le monde. Tous les pays ont des problèmes d'immigration, les ex-pays coloniaux plus que les autres, mais nous savons bien que c'est moins l'islam qui pose problème que le manque de formation et le chômage.

Pour un voyou d'origine africaine ou un Maghrébin islamiste qui affuble sa femme d'une burqa, combien de jeunes issus de l'immigration parviennent à s'insérer et à vivre de leur travail dans nos sociétés ? L'immense majorité. Ce serait une insulte à l'avenir national si ce débat sur l'identité devait conduire à stigmatiser des couches de la population à cause des comportements individuels d'une minorité agissante, dont le cas relève de la police et de la justice.

Lorsque la France a remporté la Coupe du monde de football, je ne me souviens pas, bien au contraire, que les Français aient eu à se plaindre des capacités sportives que donnait à leur pays sa diversité ethnique et culturelle. C'est de cette France-là que l'Europe a besoin, un pays ouvert et solidaire, qui s'est forgée une identité plurielle et universelle. Deux concepts si bien mis en lumière par Amartya Sen et Karl Popper, dont j'ai repris et développé la pensée en 2006 dans un manifeste politique intitulé "Plaidoyer pour une société ouverte". Pour moi, l'essentiel en effet n'est pas d'où l'on vient mais où l'on va.

Au moment où l'on célèbre le 50e anniversaire de la mort de Camus, il serait paradoxal que la France s'abandonne à une posture étrangère à celle qui a fait sa réputation multiséculaire. Il existe certes une autre France, maurrassienne, chauvine qui ne s'est pas illustrée au mieux lors des grands chocs nationalistes du XXe siècle. Mais de la France qu'on aime et dont on a besoin, on attend des idées, des projets, et non pas le repli identitaire d'une vieille nation frileuse, plus occupée à ressasser les échecs du passé qu'à préparer ses succès de demain. Le légitime respect dont jouit toujours la France hors de ses frontières est un gage de reconnaissance précieux et un point d'appui pour redonner confiance aux Français. Un peuple confiant trouvera sa place dans l'Europe et le monde. Et ses gouvernants seraient bien inspirés d'en prendre conscience.

Guy Verhofstadt est président du groupe de l'Alliance des démocrates et des libéraux au Parlement européen (groupe dont fait partie le MoDem), ancien premier ministre belge.

mardi 9 février 2010

Elections syndicales à Sciences Po

Vous avez pu remarquer que contrairement à d'autres partis politiques, le Mouvement Démocrate Sciences Po n'a pas donné de consigne de vote pour les élections syndicales qui ont actuellement lieu dans l'école.

Nous sommes en effet convaincus de la nécessaire indépendance entre syndicats et partis politiques pour construire un dialogue social crédible. Les intérêts des étudiants doivent être défendus, mais ne sont pas l'intérêt général. Par conséquent, nous considérons qu'un parti politique n'a pas à troubler le débat entre les syndicats et l'administration de Sciences Po.

Si nous avons bien évidemment une vision politique pour l'Université française et pour l'enseignement supérieur en général, le système corporatiste propre au syndicalisme français fait qu'il est impossible d'adhérer entièrement aux propositions d'un syndicat, car celui-ci défend les intérêts d'un groupe social donné. Ceci est d'autant plus vrai à Sciences Po puisque les syndicats y défendent les intérêts des étudiants de Sciences Po et non les intérêts des étudiants en général. Par ailleurs, quand bien même on s'intéresse aux étudiants, il nous faut constater que l'Université n'est pas l'unique lieu d'enseignement supérieur, puisqu'existent aussi les lycées et les écoles privées ou publiques qui assurent également une part de cette mission.

D'autre part, le Mouvement Démocrate est composé d'hommes et de femmes qui refusent le mandat de vote impératif et préfèrent choisir en conscience, après un examen attentif des différentes propositions.

Par conséquent, nous encourageons nos adhérents et sympathisants à aller voter aux élections syndicales (au 13 rue de l'Université, 1er étage) pour le syndicat qui leur semble le plus à même de porter leurs valeurs et leurs revendications.

Basile Scache et Paul Chalvin pour le Mouvement Démocrate Sciences Po.

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