Modem Sciences Po

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samedi 16 janvier 2010

Conférence de Jean-François Kahn

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LE MONDE DE L'APRÈS-CRISE

Jeudi 11 février - 19h
Amphithêatre Albert Caquot
28 rue des Saints-Pères
Paris 7e

Journaliste et écrivain, plus récemment engagé en politique, Jean-François Kahn lutte pour une troisième voie depuis plus de 35 ans.

Proche de la gauche à l'origine, il se sent très proche des idées et de la personne de Pierre Mendès-France, et combat la position des socialistes sur la colonisation. Cette période le marque considérablement - il fut notamment reporter en Algérie - et nourrit son scepticisme vis-à-vis des socialistes, trop enclins aux compromis faciles. Après 1968, il rompt définitivement avec la social-démocratie, qu'il trouve soit trop dogmatique, soit trop marquée par le libéralisme libertaire post-68. La même année, ayant également assisté aux évènements du Printemps de Prague en tant que journaliste, il constate l'échec du socialisme à visage humain, qu'il estime illusoire avant même l'intervention des soviétiques.

Pendant la guerre froide, le combat pour une troisième voie passe aussi, en effet, par le refus de choisir entre les deux blocs. Ainsi, Jean-François Kahn ne renie pas l'héritage du gaullisme, malgré son désaccord avec l'esprit de la Ve République.

Le combat pour un "centrisme révolutionnaire" - car c'est ainsi qu'il commence à se définir - se gagnera dans la bataille des idées, pense Kahn. C'est pourquoi il s'investit de plus belle dans le journalisme. A partir des années 1980, l'Evènement du Jeudi puis Marianne seront la manifestation de cette lutte contre les idées reçues. Tout en assumant l'héritage du libéralisme et du socialisme, il combat leurs dérives radicales que sont que le communisme autoritaire et le néo-libéralisme des années 1990 et 2000 (dont l'influence fut énorme a gauche comme à droite).

Aujourd'hui, après la chute du modèle communiste, puis l'échec du néo-libéralisme effréné, le monde est en panne d'une vision nouvelle. C'est ce que Kahn entend développer dans L'Alternative, qu'il a publié récemment, et qui à la fois une forme de bilan et une ébauche de projet. Bientôt, toutefois, d'autres devront prendre la parole ; c'est pourquoi Jean-François Kahn travaille en ce moment au lancement d'un club, le CRREA (Centre de Réflexions et de Recherche pour l’Elaboration d’Alternatives).

Avec un objectif : imaginer le monde de l'après-crise.

jeudi 14 janvier 2010

Alain Dolium à Sciences Po


RENOUVELER LA POLITIQUE : NOUVEAUX ACTEURS, NOUVELLES PRATIQUES, NOUVEAUX OUTILS

Mardi 2 février - 19h
Amphithéâtre Leroy-Beaulieu
27 rue Saint-Guillaume
Paris 7e

Avec Alain Dolium, tête de liste du MoDem aux régionales en Île-de-France, nous discuterons du renouvellement de la politique, à travers plusieurs questions.

Celle des acteurs, d'abord. On critique souvent le fait que la classe politique ne soit pas représentative de la diversité de la société française (notamment en ce qui concerne les origines sociales ou ethniques) : en quoi faudrait-il un renouvellement et quelle forme celui-ci pourrait-il prendre ? Le fait que la génération des baby-boomers sera bientôt amenée à laisser sa place à de nouvelles têtes de manière massive rend cette question d'autant plus importante. Cependant, la politique ne concerne pas que les politiciens : nous nous interrogerons donc aussi sur les liens entre les partis politiques, les associations et les syndicats ou collectifs.

Derrière ces question de personnes, c'est la gouvernance (les "pratiques") qui est mise en cause. "Faire de la politique autrement" est une expression que François Bayrou a souvent employée en 2007. En quoi faut-il changer la manière dont on fait de la politique en France ? Là encore, il y a, d'une part, la question des hommes politiques eux-mêmes ; et, d'autre part, l'idée que la société civile, dans une démocratie, doit peut-être plus participer à l'élaboration des politiques publiques. On pourrait décrire cela comme une nouvelle forme de séparation des pouvoirs.

Ensuite, la question des "outils" nous amènera à nous intéresser plus en détail à la campagne des régionales. Faire de la politique autrement, c'est en effet trouver de nouveaux moyens d'amener les gens à s'intéresser à la politique, à se faire leur opinion ; c'est aussi chercher de nouveaux moyens de les convaincre. Que faut-il amener de nouveau sur ces points-là en 2010 ?

Pourquoi discuter de tout cela avec Alain Dolium ? D'abord, parce qu'il sera la tête de liste du MoDem aux régionales de 2010, alors qu'il ne s'est jamais présenté à une élection. Mais aussi parce que son parcours personnel (ses origines, son engagement associatif, le secteur d'activité dans lequel il travaille) l'a amené à réfléchir à toutes ces questions.

Ce débat concerne les étudiants de Sciences Po au plus haut point, puisque Sciences Po est considérée, depuis plusieurs décennies, comme un lieu dont la vocation est de former une part importante de la classe politique française. Tous sont donc invités à y participer.

En espérant avoir le plaisir de débattre avec vous le 2 février,

Le MoDem Sciences Po

dimanche 27 décembre 2009

Quelques photos du 1er semestre

jeudi 17 décembre 2009

Comment éduquer et sensibiliser dans le cadre de la lutte contre l'homophobie ?

Démocrates, militants associatifs ou simplement intéressés par la question, tous se sont retrouvés mercredi 16 décembre pour en discuter. Étaient invités :

  • Aude Luquet, conseillère régionale Modem
  • Clément Lacoin, président de Plug n'Play
  • Franck Lopez, de l'association le Refuge
  • Éric Briand, professeur des écoles et militant Modem.
  • Franck Faveur, président des Jeunes Démocrates (JDem)

Après une brève introduction par Thibaut, président des JDem 77, les militants de Plug n'Play nous présentent leur association qui existe depuis plusieurs années à Sciences Po. Il s'agit de représenter la diversité des orientations sexuelles : ils se définissent comme LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels).

Le débat arrive naturellement sur le terrain politique, avec la question suivante : que proposent les différents partis et en quoi se différencient-ils ? L'évolution du MoDem est remarquée, puisque de nettes différences existent entre ce que proposait l'UDF et ce que propose le MoDem (droits à une union civile en mairie, droit d'adopter). Notons que les Jeunes Démocrates ont été plus loin que leurs aînés puisqu'ils se sont prononcés pour le mariage homosexuel. La comparaison avec les autres partis montre que le MoDem a franchi un cap, puisqu'on n'observe pas d'autre différence avec le PS que la reconnaissance du mariage, tandis que la droite a nettement plus de mal à évoluer de ce point de vue là. Le gouvernement actuel n'a pas avancé sur la question des droits, malgré les engagements pris par le candidat Sarkozy et malgré la pression des militants associatifs proche de la droite, notamment l'association Gaylib.

La discussion avec Anne Luquet, qui expose le programme du MoDem en la matière, montre cependant que tout comme les autres partis, nous n'avons pas de propositions concrètes en ce qui concerne la lutte contre l'homophobie par des moyens comme l'éducation et la sensibilisation. Franck Faveur, qui a également été membre de l'association Centr'Egaux, propose des « pistes » de lutte qui passent notamment par le système éducatif. Les enseignants doivent être sensibilisés à ces sujets et lutter quotidiennement contre l'homophobie à l'école qui est trop souvent tolérée.

Charles, de Plug n'Play, trouve tout de même les politiques trop frileux sur la question. Entre la droite, qui considèrerait l'homosexualité comme une forme de handicap dans la vie sociale qu'il convient de combler, et la gauche qui a tellement avancé qu'elle refuse de considérer les homosexualités comme une communauté à part, il y aurait un espace que le MoDem devrait combler. Sa vision, manifestement inspirée du communautarisme américain, est celle d'une communauté que l'on reconnaît comme à part. L'égalité des droits entre homosexuels et hétérosexuels est une évidence, mais elle est issue d'une lutte qui ferait partie de « l'identité » de cette communauté. Celle-ci doit donc être reconnue par la société. Les programmes d'histoire-géographie pourraient par exemple faire une place à la lutte des droits pour les homosexuels, à la manière de ce qui s'est fait pour la reconnaissance de la lutte antiraciste.

Intervient ensuite Franck Lopez, de l'association Le Refuge. Il raconte comme l'association soutient et accompagne les jeunes dont l'orientation sexuelle est non-acceptée, et qui sont souvent en rupture avec leur famille. Il s'agit parfois de cas extrêmes qui amènent l'association à héberger ces personnes. Franck insiste sur la violence de l'homophobie et sur le rôle joué par la famille, qui est le premier point de repère d'un jeune.

La question posée au départ revient donc : quelles actions ? On observe un clivage au sein des participants au débat engagés en politique, dont certains pensent que la politique ne peut pas tout, en particulier au sein de la famille. Il serait donc normal que les associations jouent un rôle primordial dans ce domaine. Cependant, cet argument est remis en cause par le fait que les pouvoirs publics luttent déjà avec beaucoup de soin pour les droits de l'enfant ou les droits des femmes au sein des familles.

De plus, on observe une réticence à l'action des associations elle-mêmes. Les campagnes ministérielles, à l'image de la campagne d'affichage de juin dernier qui n'a pas eu lieu dans toutes les universités, ne sont pas toujours relayées. Au sein des administrations, beaucoup de réticences subsistent ; on les observe également dans les collèges et les lycées qui refusent souvent l'accès aux associations, accusées de prosélytisme.

Les familles et les jeunes eux-mêmes font souvent preuve de réticence, comme nous le montre alors Éric, qui est instituteur. La question cruciale à laquelle est liée notre débat est donc la question de la place des familles, et notamment des parents d'élèves, dans la prise de décision des collèges et lycée en la matière. Ce sont souvent les parents qui font obstacle à l'éducation et la sensibilisation contre l'homophobie, en particulier dans certains quartiers, tout comme ils font obstacle à la présence d'une éducation à la sexualité. L'administration est donc d'autant plus frileuse sur ce point, malgré les déclarations de principes des circulaires.

Éric nous raconte sa propre expérience d'enseignant. Dans le cadre de « l'Instruction civique et morale », il amène ses classes de primaire à réfléchir à la question du respect : sur quels sujets peut-on manquer au respect ? Les discriminations sont régulièrement citées, mais Éric s'est aperçu que la question de l'homosexualité était toujours la plus difficile, ce qui montre que le tabou subsiste. Pour les jeunes, c'est même un problème de vocabulaire qui se pose, puisqu'ils ne connaissent souvent pas le mot « homosexuel ». L'école, pour Éric, n'est donc ni pour ni contre : elle est frileuse.

Les débats ont donc montré que les pouvoirs publics avaient besoin :

  • de prendre conscience du problème qu'est l'homophobie
  • de courage politique pour revaloriser la lutte contre l'homophobie dans le système scolaire et pour lutter contre les conservatismes
  • de mettre fin au laxisme qui subsiste vis-à-vis de cette question, comparé aux autres discriminations

Le Mouvement Démocrate Sciences Po remercie en tout cas tous les invités, les Jeunes Démocrates du 77, et les militants de Plug n'Play qui ont su, à défaut d'obtenir des engagements concrets, faire œuvre de sensibilisation parmi les participants au débat eux-mêmes.

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