Modem Sciences Po

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vendredi 30 avril 2010

Débat MoDem-Nouveau Centre sur Radio Sciences Po

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Quel avenir pour le centre en France ? Tel était le thème d'un débat du "Grand O", l'émission politique de RSP (Radio Sciences Po), pour lequel Pierre-Emmanuel représentait le Mouvement Démocrate Sciences Po.

Ne manquez pas de réécouter ce débat sur le site officiel de RSP.

dimanche 11 avril 2010

Brussel: een dag aan het Europees Parlement

Notre journée à Bruxelles racontée par Romain C., étudiant à Sciences Po


Quel paradoxe, tout de même. Le cœur de l'Europe politique se trouve dans un pays déchiré, dont l'unité est pour ainsi dire factice et dont les gouvernements sont de plus en plus faibles.

Une ville où le flamand résonne sur les quais du métro, malgré la diffusion très limitée de cette langue. Une cité ou la misère sociale est grandissante par rapport au reste du pays. Une ville, somme toute, qui résume assez bien les problèmes actuels de l'Union.

C'est malgré tout pleins d'entrain que nous montons dans le Thalys de neuf heures moins le quart pour Bruxelles. L'occasion nous est donnée de pénétrer les arcanes du pouvoir européen - et de nous rapprocher, de connaître des institutions en apparence si éloignées du quotidien des français. L'ambiance est bon enfant mais les discussions contournent habilement la question politique : sans doute l'heure plutôt matinale.

Le marathon institutionnel débute sur les chapeaux de roue. Nous filons au Parlement (oui, il y a un hémicycle à Bruxelles, en plus de l'assemblée siégeant statutairement à Strasbourg), non sans un arrêt place Lux' où se sont rassemblés de drôles de manifestants. Ils portent de grands masques parodiant les traits des grands chefs d'État européens : voilà qui commence bien. Niveau adhésion des masses, c'est raté. Le Parlement est un bâtiment imposant et moderne situé dans un quartier où se trouve l'ensemble des institutions européennes. Une sorte de place forte - plutôt accueillante, il faut le dire, et assez éloignée de l'idée de paradis pour technocrates qu'on eût pu imaginer.

On nous accueille avec le sourire et nous fonçons à travers moult couloirs. Nous commençons par assister à la conférence de presse donnée par Corinne Lepage et ses homologues européens pour le lancement de l'association des anciens ministres de l'Environnement. On nous conduit ensuite vers une salle de réunion, mise à notre disposition par le groupe ALDE (lib-déms). Pour la petite histoire, elle se situe à l'étage 5 1/2 (il y a même un 5 3/4, Kafka doit être content). Après quelques minutes d'attente, nous rencontrons Quentin Dickinson, directeur des Affaires Européennes à Radio France - RFI. L'homme a le verbe acéré, la boutade prompte et surtout, il a l'air extrêmement affairé. Il nous explique quelles sont ses fonctions et passe en revue les troupes du journalisme français à Bruxelles. Le contingent des gratte-papier et autres stars du micro dépêchés au plus près de la machine européenne réduit comme peau de chagrin, certes, mais il reste important - du moins pour la France. Peut-être est-ce à cause de la désaffection des auditeurs pour les questions regardant de près ou de loin l'UE.

Après avoir répondu à quelques questions (concernant notamment le sommet des 27 qui devait commencer quelques heures après), Dickinson nous a quittés. Le groupe a donc pu profiter de la cafétéria du Parlement et surtout de la jolie journée. Le contact étant lié, les discussions se sont concentrées sur des sujets plus politiques et sur les perspectives d'emploi qu'offre Bruxelles. Celles-ci sont variées et assez attrayantes pour des jeunes gens, généralement attirés par l'action et la possibilité de découvrir de nouveaux horizons.

La journée a suivi son cours. Après une fugace rencontre avec l'euro-députée MoDem Nathalie Griesbeck, son assistante (on dit aussi 'attachée', ce qui est bien plus distingué, je trouve) nous prend en charge. Elle nous explique - aidée par un jeune collègue fonctionnaire - ce qu'elle fait à Bruxelles (plein de choses, croyez-moi) et nous illustre plus en détail les processus décisionnel et consultatif bruxellois, plutôt obscurs pour le profane.

Ce n'est qu'en fin de journée que nous entrons dans le sancta sanctorum de l'endroit : l'hémicycle. Il semble plus grand que sur les photographies et ce qui frappe, ce sont les vingt-sept cabines de traduction simultanée juchées au-dessus de l'assemblée.

Très vite, cependant, il faut partir car on nous attend à Europe Ile-de-France, le lobby (qui n'en est pas vraiment un... ou si ? C'est flou) chargé de représenter, comme son nom l'indique, les intérêts franciliens à Bruxelles. Le lobbying est une pratique répandue et même encadrée par des règlements, nous apprend-on. Tiens donc, voilà qui change des habitudes franco-françaises du déjeuner 'entre amis' à la buvette du Sénat ou du côté des quais dans le 7e. On retiendra du passage à E - IdF que le lobbying est un métier formidable (dixit le lobbyiste-conférencier qui nous a éclairés sur le sujet) et loin de l'image "graissage de patte" qu'on peut en avoir. Après tout, les groupes de pression ne font que proposer des amendements et une vision des dossiers aux parlementaires, ils ne leur mettent pas le couteau sous la gorge !

La journée se termine ainsi. Dans le train du retour, je réfléchis à deux choses. D'une part, Paris reste Paris - pardon, mais le charme de notre capitale reste unique ! et d'autre part, la construction européenne est d'autant plus louable qu'elle est, et restera, un processus difficile, une sorte de combat contre les moulins à vent.

mardi 6 avril 2010

L'euro et la crise grecque : pour une gouvernance économique de l'Europe

La crise économique que nous traversons aura au moins eu le mérite d’ouvrir plusieurs pistes de réflexion, notamment sur le modèle de société, ou sur l’organisation et la régulation de l’économie mondiale. Malheureusement, la crise financière qui touche la Grèce n’a pas eu la même répercussion sur le débat public, alors qu’elle soulève aussi d’importantes interrogations, concernant le rôle de la monnaie unique européenne.

La situation de la Grèce a relancé les débats sur la justification de l’abandon des deux outils de politique économique que sont la politique monétaire et la politique de taux de change. En effet, face à un ralentissement économique de l’ampleur observé l’année passée, beaucoup de pays, notamment l’Irlande, ont ressentit la contrainte imposée par l’appartenance à l’euro qui interdit de regagner en compétitivité par la dévaluation. Mais le cas de la Grèce pose aussi la question de la pertinence d’une politique monétaire commune. En temps normal, une politique budgétaire aussi laxiste que celle de la Grèce peut être naturellement corrigée par la réponse d’une banque centrale souhaitant maîtriser l’inflation. Or dans le cadre de la zone euro, l’influence de l’inflation grecque sur la politique monétaire commune a été trop faible pour que ce mécanisme fonctionne, permettant à la Grèce de vivre au-dessus de ses moyens pendant aussi longtemps. La question qui se pose à présent est de savoir si les mécanismes de surveillance des finances publiques et de sanction, proposés notamment par l’Allemagne, seront suffisamment puissants pour remplacer la discipline imposée par une politique monétaire plus proche de la réalité économique dans chaque pays. Ceci pose la question de la viabilité d’une union monétaire entre des pays dont les économies sont encore si divergentes.

Mais ces questions ont déjà été posées à la création de l’euro, et la crise n’a fait que confirmer des doutes déjà exprimés. Ce qui est vraiment nouveau et qui mérite une sérieuse réflexion concerne les interrogations sur l’intérêt de la zone euro vue en tant qu’entité. Lors de la création de la monnaie unique, l’adoption du Pacte de Stabilité avait pour but de prévenir l’émergence de la situation actuelle, où la politique d’un Etat peut avoir des effets néfastes sur l’ensemble de la zone. Cependant la légèreté avec laquelle les critères du Pacte ont été pris, notamment par la France et l’Allemagne, montre que l’ampleur réelle du problème a été largement sous-estimée. L’émergence récente de propositions concernant la sortie ou l’exclusion d’un Etat membre de l’euro est un signe révélateur de la prise de conscience qu’une union monétaire nécessite plus que la simple existence d’une Banque Centrale Européenne. Jusqu’à présent les dirigeants de la zone euro se sont reposés sur une période de croissance pour éviter de faire le choix difficile concernant le niveau de solidarité qu’ils sont prêts à montrer envers l’ensemble des membres de l’union monétaire. La crise grecque montre que l’heure de faire ce choix est arrivée.

L’accord du 25 Mars dernier sur le plan de sauvetage de la Grèce justifie un certain optimisme en ce qui concerne la capacité des institutions européennes à faire face à cette nouvelle question et à aller de l’avant. Cependant, il reste encore beaucoup à faire pour trouver un équilibre viable entre responsabilité budgétaire de chaque Etat et solidarité entre les membres de la zone euro, ainsi que pour créer les institutions nécessaires pour entériner ce choix. De nombreuses propositions ont vu le jour dans les mois passés, notamment sur la création d’un Fonds Monétaire Européen et d’une agence européenne de la dette. La crise actuelle a commencé à servir de catalyseur pour améliorer la gouvernance économique au niveau européen, et ce processus ne doit pas s’arrête avant que l’objectif soit véritablement atteint. Il reste cependant un écueil de taille à éviter : il ne faut pas que ce travail de réflexion sur l’avenir de l’intégration européenne se fasse une nouvelle fois à l’insu de la majorité des citoyens européens.

Marie Le Mouel

samedi 20 mars 2010

Electeurs démocrates, ne perdez pas espoir !

par Robert Rochefort

Commençons par dire à tous ceux qui ont voté pour les candidats du Mouvement démocrate, dimanche dernier, que le faible score des listes qu'il présentait ne signifie pas qu'ils sont dans l'erreur. La vie politique est coutumière de ces passages brutaux de la cime aux abymes et... réciproquement. Se souvient-on que la candidate écologiste lors de la présidentielle de 2007 n'avait recueilli que 1,5 % des suffrages alors que ses camarades d'aujourd'hui sont à 12,2 %, ce qui est d'ailleurs inférieur aux 16,2 % des européennes de l'an passé ?

Mais venons-en à l'essentiel, c'est-à-dire au message et à la stratégie politique. Pour beaucoup, l'absence de positionnement clair du MoDem dans le jeu des alliances de droite ou de gauche est responsable de la forte baisse du potentiel électoral qu'avait recueilli François Bayrou en 2007. "Où êtes-vous finalement ?" ne cesse-t-on de nous dire. Eh bien nous sommes au centre, et nous y restons. Face aux défis majeurs auxquels notre pays est confronté, il n'y a pas un camp qui, à lui tout seul, détienne la vérité, possède le catalogue des réformes à accomplir, et plus encore la méthode pour les faire accepter. Réfléchir ainsi revient à privilégier des approches idéologiques qui sont des impasses, et, pire encore, des mensonges. Nicolas Sarkozy a commencé son quinquennat avec des habits très libéraux et le voici apparemment devenu étatiste depuis que la gravité de la crise s'est fait sentir... Les socialistes, avec leurs seuls alliés d'Europe Ecologie et du Front de gauche mettront-ils en avant leurs idées du passé, faites d'accroissement de la fiscalité, de centralisme étatiste, auxquels beaucoup d'entre eux ne croient plus réellement ? Tout cela constitue autant d'incapacité à agir et d'énergie gaspillée.

Etre au centre, c'est sentir le besoin de dépasser les clivages archaïques à un moment où notre pays n'a pas d'autre choix. Cela ne signifie nullement détenir une "troisième vérité, ni de droite ni de gauche". Soyons lucides, notre peuple est fatigué et collectivement déprimé, même si, heureusement, la vitalité individuelle reste grande dans la vie quotidienne de chacun. Quant à l'Etat, il dispose de très peu de marge de manœuvre – notamment budgétaire – pour se transformer. Au Mouvement démocrate, nous pensons qu'il n'y a pas d'autre solution que de privilégier l'écoute des personnes souffrant de la crise et concernées par les réformes et que d'être obsédé par l'exigence de justice sociale. C'est le contraire de ce que fait le gouvernement aujourd'hui. Nous appelons cela le projet humaniste.

Nous pensons que les Français ne sont pas très loin de ce point de vue, même si cela ne les a pas conduits à nous apporter suffisamment leur suffrage. La très préoccupante abstention de dimanche dernier est un rejet de la classe politique, qui nous inclut bien évidemment. Quant au vote de la minorité qui s'est exprimée, elle pourrait laisser croire à un retour de la bipolarisation "droite-gauche" traditionnelle. Il faut être plus fin dans l'analyse. Il est devenu banal de voter pour un camp lors d'une élection, et pour le camp adverse à l'élection suivante. Ce zapping électoral, que certains assimilent à du consumérisme politique, démontre, s'il le fallait, qu'il n'y a plus de vote d'appartenance, et constitue aussi, d'une certaine façon, une forme d'appel au dépassement des clivages idéologiques.

L'autre cause supposée de notre échec serait l'obsession présidentielle de François Bayrou. Ne refusons pas d'en débattre, et allons ici aussi au fond des choses. Le Mouvement démocrate est né de la percée que son leader a accomplie en 2007, rompant avec ce qui se faisait depuis plusieurs décennies. Il a libéré le centre de son asservissement à une droite dont on pouvait déjà pressentir que, avec Nicolas Sarkozy, elle irait à rebours des avancées démocratiques et sociales indispensables pour redonner à notre peuple cohésion et confiance en lui-même. Reste que le jeu institutionnel en France est aujourd'hui verrouillé. Il est fait pour cet affrontement destructeur de la gauche contre la droite.

L'essai qui a été marqué par François Bayrou lors de la dernière élection présidentielle ne pourra être transformé que par une autre élection présidentielle. Pour cela, il faudra cette fois-ci construire de nouvelles alliances, qui devront à la fois s'atteler au fond des réformes à entreprendre, mais aussi à la forme de notre vie politique et de sa représentation démocratique. Chacun sera mis face à ses responsabilités. Est-ce en s'appuyant sur les amis de M. Mélenchon que les socialistes pourront reconquérir le pouvoir ? Est-ce en restant sous le carcan étouffant d'une UMP totalement sous contrôle présidentiel que les humanistes de centre droit pourront faire entendre leur voix ? Ces questions, nous les poserons le moment venu à tous les Français, dans la transparence, et alors que les effets dévastateurs de la crise économique et sociale continueront à faire de très lourds dégâts, élargissant le rassemblement – espérons-nous – de ceux qui seront prêts à penser et à agir autrement.

Ce n'est pas un pari. Même si ce choix est exigeant, pour tous les démocrates, c'est la seule voie à suivre.

Robert Rochefort est député européen et membre du bureau exécutif du Mouvement démocrate

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