Pascal Perrineau, directeur du Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) explique pourquoi. Il décrypte aussi les enjeux de ce scrutin, qui pourrait contribuer à recomposer le paysage politique, dans ''Le Monde'' du 14 mars.
Après son succès aux élections européennes, Europe Ecologie peut-il briser la bipolarisation UMP-PS ?
Il y a la recherche confuse d'un ailleurs entre deux partis dominants, l'un dans l'espace de la droite, l'autre dans celui de la gauche. François Bayrou en avait profité en 2007 ; les écologistes peuvent en bénéficier aujourd'hui. Même si les électeurs d'Europe Ecologie se situent plus naturellement dans l'espace de la gauche que ceux du MoDem. Quoi qu'il en soit, il y a la volonté de sortir de la bipolarisation, que beaucoup d'électeurs considèrent comme un carcan qui n'est pas plus en phase avec les nouveaux enjeux.
Une troisième force peut-elle durablement s'installer ?
Il faut être très prudent, on l'a vu avec le MoDem. Cela dit, celui-ci était, dès le début, une affaire beaucoup plus personnelle que ne l'est Europe Ecologie. Si cette coalition réussit, comme aux européennes, à se situer aux alentours de 15 %, on pourra dire que cette troisième famille commence à exister durablement. Mais Europe Ecologie est une confédération de différents mouvements qui reste à organiser au-delà des Verts. La stratégie n'est pas encore lisible, car les écologistes ne sont pas d'accord entre eux sur le fait de savoir s'il faut ou non un candidat à la présidentielle. En termes pragmatiques, il ne faut pas trop creuser pour trouver assez vite des sensibilités différentes. Les fragilités sont évidentes.


