Quelles alliances pour le MoDem ? Quel positionnement politique ?
Par Paul le mercredi 4 novembre 2009, 00:01 - Réflexions - Lien permanent

Tel était le thème de notre débat de jeudi dernier à Sciences Po.
Cette question se pose beaucoup en ce moment. Le Mouvement Démocrate s'oppose, par l'intermédiaire de ses élus et des ses dirigeants, à beaucoup des politiques menées par le gouvernement actuel. Par ailleurs, François Bayrou a montré depuis le débat de l'entre-deux tours qu'il était prêt à dialoguer avec la gauche autant, sinon plus, qu'avec la droite. Ce choix est-il le bon ? Allons-nous ainsi à l'encontre de ce qui fait notre identité politique ? Ce débat fait partie intégrante de la présidence Sarkozy, comme on a pu le voir cet été. Depuis son "offre publique de dialogue", M. Bayrou oeuvre dans l'ombre à ce projet en rencontrant des membres de toutes les familles politiques françaises.
Il est ressorti de notre discussion que notre indépendance, qui était en soi un des fondements de notre projet de 2007, était l'idéal que nous souhaitions. Pour changer le pays, l'élection présidentielle apparait comme étant l'élection principale, et c'est pourquoi, par principe, nous adhérons au combat qu'a mené François Bayrou en 2007.
Cependant, l'idéal ne correspond pas nécessairement à la réalité. Depuis 2007, les revers électoraux ont été nombreux, alors que dans le même temps, les craintes concernant le pouvoir en place se sont souvent confirmées. Pour "barrer la route" à une réélection de Nicolas Sarkozy en 2012, faut-il s'allier avec d'autres formations politiques appartenant à l'opposition officielle... ou plus discrète ? Celle-ci serait à chercher dans les rangs de l'UMP, dit-on parfois. Cependant, cela supposerait aussi, probablement, un accord avec la gauche dont la forme reste à définir. Accord préalable au premier tour sur des valeurs communes ? "Ticket" de deux candidats appelés à devenir Président et Premier Ministre - et qui serait le 2ème candidat ? Contrat de gouvernement signé dans l'entre deux tours ? Ou bien, dans la tradition de la Ve, simple désistement des candidats des partis de l'opposition actuelle, au profit du mieux placé, entre les deux tours des législatives (et par la force des choses entre les deux tours de la présidentielle)... Les hypothèses sont nombreuses, et toutes ont des défauts.
Certains d'entre nous pensent aussi que pour influencer les décisions du pouvoir, pour disposer d'un financement à la mesure de nos ambitions, en un mot pour peser dans la vie politique française, nous devrions maintenant essayer d'avoir plus d'élus. Le fait qu'il n'existe pas de groupe parlementaire Mouvement Démocrate à l'Assemblée Nationale est par exemple un problème. De la même façon, lors des élections régionales à venir, peut-être faudrait-il s'allier avec un ou plusieurs partis de gauche... en supposant qu'ils aient encore besoin de nous. Or, un score de 10% des suffrages est requis pour conserver son autonomie, ceci n'assurant qu'un nombre très faible d'élus, puisque la prime majoritaire est la règle aus régionales. Dans le cadre de la stratégie d'autonomie décidée par les instances du MoDem, notre meilleur atout resterait donc de relancer une dynamique qui nous permette d'avoir des élus.
Ce dernier point me semble essentiel. Il est illusoire de réfléchir à des alliances si le MoDem ne parvient à convaincre qu'une partie infime des électeurs. Comme on dit en France, nous voulons être un "parti de gouvernement". Participer à un gouvernement, qu'il soit de gauche ou de droite, en tant que petit parti allié serait contradictoire avec notre projet initial. C'est pourquoi il nous faut à nouveau convaincre, avant de réfléchir avec qui nous pourrions gouverner, si seulement nous le souhaitons. Pour cela, il nous faut absolument définir précisément quelles sont nos valeurs communes, afin de donner du sens à l'ensemble des mesures que nous proposons et qui, elles, sont bien réelles.
Commentaires
Merci pour le compte-rendu !