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LE MONDE DE L'APRÈS-CRISE

Jeudi 11 février - 19h
Amphithêatre Albert Caquot
28 rue des Saints-Pères
Paris 7e

Journaliste et écrivain, plus récemment engagé en politique, Jean-François Kahn lutte pour une troisième voie depuis plus de 35 ans.

Proche de la gauche à l'origine, il se sent très proche des idées et de la personne de Pierre Mendès-France, et combat la position des socialistes sur la colonisation. Cette période le marque considérablement - il fut notamment reporter en Algérie - et nourrit son scepticisme vis-à-vis des socialistes, trop enclins aux compromis faciles. Après 1968, il rompt définitivement avec la social-démocratie, qu'il trouve soit trop dogmatique, soit trop marquée par le libéralisme libertaire post-68. La même année, ayant également assisté aux évènements du Printemps de Prague en tant que journaliste, il constate l'échec du socialisme à visage humain, qu'il estime illusoire avant même l'intervention des soviétiques.

Pendant la guerre froide, le combat pour une troisième voie passe aussi, en effet, par le refus de choisir entre les deux blocs. Ainsi, Jean-François Kahn ne renie pas l'héritage du gaullisme, malgré son désaccord avec l'esprit de la Ve République.

Le combat pour un "centrisme révolutionnaire" - car c'est ainsi qu'il commence à se définir - se gagnera dans la bataille des idées, pense Kahn. C'est pourquoi il s'investit de plus belle dans le journalisme. A partir des années 1980, l'Evènement du Jeudi puis Marianne seront la manifestation de cette lutte contre les idées reçues. Tout en assumant l'héritage du libéralisme et du socialisme, il combat leurs dérives radicales que sont que le communisme autoritaire et le néo-libéralisme des années 1990 et 2000 (dont l'influence fut énorme a gauche comme à droite).

Aujourd'hui, après la chute du modèle communiste, puis l'échec du néo-libéralisme effréné, le monde est en panne d'une vision nouvelle. C'est ce que Kahn entend développer dans L'Alternative, qu'il a publié récemment, et qui à la fois une forme de bilan et une ébauche de projet. Bientôt, toutefois, d'autres devront prendre la parole ; c'est pourquoi Jean-François Kahn travaille en ce moment au lancement d'un club, le CRREA (Centre de Réflexions et de Recherche pour l’Elaboration d’Alternatives).

Avec un objectif : imaginer le monde de l'après-crise.